
Une trentaine de professionnels des médias et des agents du ministère de la Communication participent depuis jeudi à Lomé à une formation de deux jours, consacrée à la prévention et à la lutte contre le harcèlement en milieu professionnel.
Initiée par la Cellule Genre du ministère de la Communication, cette rencontre vise à permettre aux participants de mieux identifier les situations de harcèlement, de connaître les mécanismes de protection existants et de savoir comment agir lorsqu’un cas se présente. La formation vise également à renforcer leurs connaissances et leurs bonnes pratiques en matière de prévention des violences et des comportements abusifs sur les lieux de travail.
À l’ouverture des travaux, Ambroise Klevor, conseiller technique au ministère de la Communication, représentant la ministre, a réaffirmé l’engagement du département à lutter contre toutes les formes de harcèlement en milieu professionnel.
« L’ouverture de cette formation dédiée à la lutte contre le harcèlement en milieu professionnel me donne l’occasion de réaffirmer la détermination de notre ministère à offrir à toutes et à tous un environnement de travail fondé sur le respect et la dignité de chacun », a-t-il déclaré.

Pour lui, la lutte contre le harcèlement doit être l’affaire de tous, femmes comme hommes.
« Notre démarche ne consiste nullement à opposer les femmes aux hommes, mais à construire ensemble un environnement professionnel dans lequel chacun peut travailler dans la dignité et bénéficier d’une égale protection contre toute forme de violence et d’abus », a-t-il souligné.
Il a appelé ainsi à une responsabilité collective face au harcèlement.
« Face au harcèlement, l’indifférence n’est pas une réponse et le silence n’est pas une solution », a-t-il lancé, plaidant pour une réponse structurée, coordonnée et durable.
Prévention et protection au cœur de la formation
« Pour éviter ces conflits en milieu de travail, nous serons édifiés ces deux jours sur la lutte contre le harcèlement en milieu de travail parce qu’on sait que le capital humain est la première ressource, la première richesse de l’entreprise », a expliqué Lys Djamiè, chargée de projet à la Cellule Genre du ministère de la Communication.
Pour elle, la formation doit notamment permettre aux femmes de mieux connaître leurs droits et les mécanismes de protection disponibles.
« Nous attendons de voir les femmes plus professionnelles, dignes et qui maîtrisent leur corps, leur mental et les mécanismes qui sont mis en place par l’autorité pour les protéger sur leur lieu de travail », a-t-elle indiqué.
Mme Djamiè a également rappelé que le harcèlement peut prendre plusieurs formes, notamment sexuelle, psychologique, morale ou physique. Elle l’a décrit comme une pression exercée de manière répétée sur une personne afin de l’amener à faire ou à ne pas faire une action contre son consentement.
Elle a également insisté sur l’importance de savoir distinguer les comportements relevant réellement du harcèlement, afin de permettre aux victimes ou aux témoins de réagir de manière appropriée et de préserver leur santé, notamment mentale.
Une prise en charge qui exige prudence et vigilance
Le harcèlement en milieu professionnel reste cependant une question sensible, notamment lorsqu’il s’agit d’établir les faits et les responsabilités. Pour Adamou Yendougou Kombaté, juriste au One Stop Center de Lomé, la prise en charge d’un cas exige de la prudence et une analyse rigoureuse.
« La question du harcèlement, bien qu’elle soit réelle dans nos services, est et reste une question très sensible et sa gestion exige de tous les acteurs de sérieuses analyses des indicateurs et la prise en compte de tous les éléments de preuve en faveur des parties », a-t-il souligné.
Le juriste met également en garde contre les interventions mal maîtrisées qui pourraient aggraver la situation de la victime.
« Parce que c’est sensible, lorsque vous ne savez pas vous y prendre, vous pouvez nuire davantage à la victime malgré votre bonne volonté de l’aider », a-t-il expliqué.
Dans cette lutte, plusieurs mécanismes de prise en charge existent. M. Kombaté a notamment cité les centres d’écoute et les One Stop Centers, qui assurent une prise en charge intégrée des victimes de violences basées sur le genre au Togo.
Le One Stop Center de Lomé salue l’initiative du ministère de la Communication et appelle à poursuivre la formation et la sensibilisation pour mieux prévenir le harcèlement et en limiter les conséquences.

« Pour maîtriser ce phénomène et réduire ses impacts, il faut maintenir la formation, sensibiliser et rester constamment vigilant afin de garantir un cadre professionnel exempt de violence et respectueux des droits », a insisté le juriste.
Durant les deux jours de formation, les participants seront entretenus sur plusieurs thématiques liées au harcèlement et à sa prévention.
Au programme figurent notamment la définition et la typologie du harcèlement, ses conséquences, les cadres légaux et les obligations institutionnelles, ainsi que la prévention et la prise en charge des victimes.
Les travaux porteront également sur l’identification des situations de harcèlement, les mécanismes internes de prévention, la communication non violente, l’estime de soi, la self-défense et des ateliers pratiques.
La Cellule Genre entend ainsi renforcer les capacités des participants pour une meilleure identification des situations de harcèlement, la prévention des comportements abusifs et l’orientation des victimes vers les mécanismes appropriés. L’objectif est de favoriser un environnement professionnel fondé sur le respect, la sécurité et la dignité de tous. FIN
Bernadette AYIBE