savoir

AG : Wycliffe-Togo veut accélérer la traduction de la Bible dans les langues locales

L’Association Wycliffe-Togo a tenu son assemblée générale ordinaire samedi 29 août 2026 à son siège à Aflao-Gakli à Lomé, une rencontre consacrée à la présentation de ses activités et à la réflexion sur l’avenir de sa mission de traduction et de développement linguistique.

Placée sous le thème « Ensemble, bâtissons l’avenir de la mission », la rencontre a réuni plusieurs cadres et représentants d’organisations chrétiennes autour des défis liés à la mission linguistique, l’Alphabétisation, la promotion des saintes écritures et à la traduction de la Bible dans les langues locales.

L’Assemblée générale visait notamment à mieux faire connaître la vocation de l’association, à examiner les actions menées et à réfléchir aux moyens de renforcer la mission dans les prochaines années.

Les travaux ont été ouverts par le président du Conseil d’administration de Wycliffe-Togo, Egou Komlan Sépényon. Une communication du professeur Patrick A. K. Nouwode, missiologue et psychologue sociale, a également porté sur le thème de cette assemblée.

Samuel Tinnidjotobe Kpagheri

Pour le conférencier, le choix du thème invite à réfléchir à la finalité biblique, à la nature théologique et à la responsabilité de l’Église dans la mission. Il a appelé l’Église à s’approprier davantage sa vocation missionnaire, notamment à travers un appui financier responsable, la mobilisation des ressources humaines, ainsi que la prière.

« Sans missions, l’Église devient démissionnaire. En négligeant sa mission, elle perd sa vocation et sa nature divine », a-t-il insisté, estimant que l’exercice de cette mission doit se faire dans l’unité.

Selon le président du Conseil d’administration de Wycliffe-Togo, cette rencontre annuelle constitue un cadre de reddition de comptes, mais aussi de réflexion sur l’avenir de l’organisation.

« Nous travaillons pour des communautés et pour l’Église. Il est très nécessaire de rendre compte, de créer un cadre de réflexion stratégique, d’analyser les défis et les stratégies pour voir quelles mesures adopter pour relever ces défis à l’avenir », a expliqué Egou Komlan Sépényon.

Il a relevé plusieurs avancées enregistrées dans la gouvernance et le système de pilotage de l’organisation.

« Il y a eu des mesures qui ont été prises pour sécuriser un certain nombre de choses », a-t-il indiqué, tout en soulignant que la traduction de la Bible reste l’un des principaux défis à relever.

Pour Wycliffe-Togo, cette mission ne se limite pas à la dimension religieuse. La traduction des textes bibliques dans les langues locales contribue également à la préservation des langues et des cultures et à leur transmission aux générations futures.

« La compréhension du message biblique devient plus directe, plus naturelle et souvent plus profonde lorsque les textes sont exprimés dans la langue du quotidien », a souligné le PCA de Wycliffe-Togo.

Des langues telles que le Watchi, l’Adangbé, le Mastem ou encore le Mampursi bénéficient ainsi de programmes de recherche et de traduction destinés à rendre les textes bibliques accessibles aux communautés dans leurs propres langues.

La table d’honneur, lors de la rencontre

Egou Komlan Sépényon a également rappelé que la traduction de la Bible ne consiste pas seulement à remplacer les mots d’une langue par ceux d’une autre. Elle nécessite la mobilisation de plusieurs compétences.

« Le travail mobilise des compétences linguistiques, sociologiques et anthropologiques afin de respecter le sens du texte tout en tenant compte des réalités culturelles des populations concernées », a-t-il expliqué.

Ces travaux peuvent également contribuer à l’harmonisation des alphabets et de l’orthographe dans certaines langues, facilitant ainsi l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Ils participent aussi à la sauvegarde du patrimoine linguistique local, dans un contexte marqué par la prédominance de certaines langues nationales et internationales.

« Au Togo, traduire la Bible dans les langues locales, c’est donc aussi préserver des identités, valoriser des patrimoines et donner aux communautés les moyens de transmettre leur langue et leur culture aux générations futures », a souligné le président du Conseil d’administration.

Pour Samuel Tinnidjotobe Kpagheri, directeur exécutif de Wycliffe-Togo et consultant en traduction, l’utilisation de la langue maternelle est essentielle pour faciliter la compréhension du message biblique.

« Quand nous avons des choses importantes à dire, c’est mieux de le dire dans notre langue maternelle. On se sent à l’aise, on se sent mieux et on n’a pas besoin de dictionnaires pour comprendre certains mots », a-t-il indiqué.

Selon lui, la traduction dans les langues maternelles permet également à des personnes ayant eu peu ou pas accès à l’éducation formelle de mieux comprendre les textes bibliques.

À ce jour, la Bible est disponible en trois langues locales au Togo : l’Éwé, le Mina et le Ntcham, langue parlée notamment dans la préfecture de Bassar. Le Nouveau Testament est, pour sa part, disponible dans plusieurs autres langues, dont l’Ifè, le Ngangam, le Moba, le Tem, le Lama et l’Akaselem, pour laquelle la traduction est en cours.

Vue partielle de l’assistance…

En collaboration avec la Société internationale de linguistique (SIL), Wycliffe-Togo espère également finaliser dans les prochaines années la traduction de la Bible dans quatre autres langues.

« Les travaux sont avancés sur la traduction de la Bible en Lama, Kabyè, Ifè et Moba. Ces dernières viendront s’ajouter aux travaux déjà réalisés », a précisé Samuel Tinnidjotobe Kpagheri.

L’Assemblée générale s’est achevée avec une séance de questions-réponses et la présentation des rapports de l’association. Le rapport sur les activités et les projets a été présenté par le directeur exécutif, tandis que le rapport financier a été présenté par le directeur financier de Wycliffe-Togo. FIN

Bernadette AYIBE

Poursuivez votre lecture sur les mêmes thèmes :
Retour en haut