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Médecine traditionnelle : 140 acteurs distingués à Lomé lors de la première édition des APMTAO

140 acteurs dont 128 praticiens de la médecine traditionnelle, ont été distingués vendredi 28 août 2026 à Lomé, à l’occasion de la première édition des Awards des Praticiens de la Médecine Traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest (APMTAO).

L’initiative, portée par l’Organisation des Chercheurs et Médecins Holistiques (OCMH), vise à valoriser les acteurs du secteur et à promouvoir la professionnalisation de la médecine traditionnelle en Afrique.

Placée sous le thème « Célébration de la Renaissance africaine en matière de santé publique », cette première édition a réuni des praticiens et autres acteurs du secteur venus notamment du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée, du Nigeria et du Togo.

Le Burkina Faso était le pays d’honneur de cette première édition, dont la promotion des récipiendaires porte le nom « Promotion Ibrahim Traoré ».

Selon Bedi Djinekou, président des APMTAO, les distinctions décernées ne constituent pas une simple reconnaissance honorifique, elles doivent plutôt encourager les praticiens à améliorer leurs pratiques et à renforcer leurs capacités.

« Aujourd’hui, il y a eu au total 140 récipiendaires dont 128 sont des praticiens de la médecine traditionnelle, les autres étant des acteurs qui, de par leur contribution, ont apporté beaucoup de choses pour le développement de la médecine traditionnelle », a-t-il indiqué.

Pour l’initiateur, cette première édition s’inscrit dans une démarche de valorisation des compétences africaines dans le domaine de la santé. Il a également rappelé que l’OCMH avait formé, en 2025, plus de 700 praticiens sur les techniques de bonnes pratiques de fabrication des médicaments traditionnels améliorés, ainsi que sur le conditionnement, la conservation et l’étiquetage selon les normes internationales.

Lourde responsabilité pour les récipiendaires

« Les diplômes que nous décernons aujourd’hui ne sont pas des objets de luxe, mais une lourde responsabilité que porteront les récipiendaires », a souligné Bedi Djinekou.

L’objectif, selon lui, est d’identifier les acteurs les plus méritants afin de les accompagner dans l’amélioration de leurs pratiques au service de la santé des populations.

Pour le vice-président de l’Université de Lomé (partenaire de l’initiative), Prof. Komla Batawila, les distinctions constituent à la fois une reconnaissance du travail accompli et un appel à davantage d’efforts.

« Être distingué comme acteur de la médecine traditionnelle africaine, c’est aussi être appelé à poursuivre les efforts pour améliorer les pratiques, renforcer la qualité des prestations, protéger les patients et transmettre les connaissances dans un cadre responsable », a-t-il déclaré.

L’universitaire a appelé à renforcer la collaboration entre praticiens, chercheurs, professionnels de santé et institutions publiques. Il estime que la recherche scientifique peut contribuer à documenter les savoirs traditionnels, à étudier les plantes médicinales et à évaluer leur efficacité et leur innocuité.

La Division de la Médecine et de la Pharmacopée Traditionnelles du ministère de la Santé a, de son côté, salué l’initiative et appelé les praticiens à davantage de professionnalisme.

Représentant le ministre de la Santé, le chef de la Division, Doc. Malou Koboyo, a souligné l’importance de documenter, valoriser et encadrer les connaissances traditionnelles.

« Soyez des modèles de professionnalisme, de probité et d’excellence. C’est à ce prix que nous bâtirons ensemble une médecine traditionnelle africaine moderne, crédible, sécurisée et respectée de tous », a-t-il lancé aux praticiens.

La cérémonie entend également favoriser une dynamique de coopération entre les pays de l’Afrique de l’Ouest.

Les APMTAO sont prévus tous les deux ans. La prochaine édition est annoncée pour 2028, mais le pays hôte n’est pas encore connu. Selon les organisateurs, les différents pays de la sous-région devront remplir certaines conditions pour pouvoir accueillir l’événement.

Pour les récipiendaires, cette reconnaissance constitue une source de motivation. « On se sent déjà valorisé avec ce grand geste de diplôme et on se sent poussé à l’action. Cela stimule notre désir d’aller de l’avant et d’aider d’autres personnes à faire de même », a témoigné Komlavi Anoumou Akpagan, l’un des acteurs distingués. FIN

Bernadette AYIBE

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