
Plus de 5 200 cas ont été enregistrés en 100 jours depuis la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré l’Organisation mondiale de la santé (OMS), appelant à intensifier d’urgence les interventions pour enrayer la propagation du virus.
« Avec une moyenne de 90 cas confirmés par jour durant le premier trimestre de surveillance, la vitesse de contamination dépasse nettement les épidémies historiques de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest et de 2018-2020 en RDC. Le virus s’est étendu à une sixième province, l’Ituri demeurant l’épicentre du foyer avec 85 % des cas et 79 % des décès comptabilisés », souligne l’OMS dans un communiqué rendu public lundi.
L’agence sanitaire onusienne déplore une mortalité communautaire alarmante et de lourds défis sécuritaires : « La riposte fait face à des obstacles majeurs sur le terrain, notamment l’insécurité, les déplacements de populations, les attaques visant les structures de santé et l’accès restreint à certaines zones sanitaires ».
« Nous pouvons maîtriser cette épidémie d’Ebola, mais seulement grâce à une intensification des actions sous la conduite des autorités et en étroite collaboration avec les communautés », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.
Pour le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, l’épidémie a désormais atteint un « tournant décisif », exigeant un changement d’échelle opérationnel.
Montée en puissance des capacités scientifiques et logistiques
L’OMS souligne toutefois que la réponse sanitaire s’est renforcée au cours des 100 premiers jours, malgré la complexité du contexte. Le réseau de laboratoires est ainsi passé d’un site unique à 19 centres capables d’analyser plus de 3 000 échantillons par jour, tandis que la capacité d’accueil s’élève désormais à plus de 1 300 lits.
Par ailleurs, plus de 900 établissements de santé ont reçu un appui en prévention des infections, et le suivi des contacts a atteint 84 % au 18 août, contre 9 % au lancement de la riposte.
« Des essais cliniques sur des traitements potentiels et des vaccins candidats sont en cours, parallèlement au déploiement du premier test de diagnostic moléculaire d’urgence pour la maladie à virus Bundibugyo », ajoute l’organisation.
L’OMS, qui a déjà déployé plus de 260 experts, acheminé 330 tonnes de fournitures et débloqué 5,6 millions de dollars, accentue également la préparation transfrontalière avec les pays voisins de la RDC pour prévenir et contenir tout risque de propagation régionale.
Ambroisine MEMEDE