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Transition alimentaire et nutrition infantile : des changements qui affectent les enfants

De la naissance jusqu’à la diversification alimentaire, la nutrition infantile est basée sur les habitudes alimentaires de la famille. A part le lait maternel conseillé exclusivement pour les six premiers mois de vie, l’alimentation de l’enfant commence par être modifiée à travers une introduction progressive d’autres aliments, ce qui amène l’enfant à changer de goût, de couleur, apprécier d’autres saveurs et s’habituer.

Dr Reine Dossou, Vice-présidente du Réseau académique pour la nutrition au Togo (RéSANuT), précise que ce changement progressif prépare l’enfant à intégrer le régime familial dès l’âge d’un an et jusqu’au sevrage complet : il se tourne complètement vers l’alimentation familiale. Mais la transition alimentaire de la famille peut se répercuter sur l’alimentation de l’enfant.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la transition alimentaire (ou nutritionnelle) se caractérise par un passage rapide vers des régimes riches en produits ultra-transformés, en graisses, en sucres et en sel, au détriment des aliments frais et locaux.

« Cette transition expose directement les plus jeunes aux déséquilibres nutritionnels du ménage. Lorsque l’alimentation familiale manque de variété, le bol alimentaire de l’enfant devient inévitablement monotone. Au Togo, la prédominance de plats uniques comme la pâte — où les accompagnements essentiels sont relégués au second plan — illustre la difficulté des ménages à garantir des repas diversifiés », a expliqué Dr Dossou.

Défaire les idées reçues sur les portions

Elle explique que le problème s’aggrave avec certaines croyances culturelles tenaces qui privilégient les adultes lors du partage des protéines.

« Contrairement à l’idée reçue voulant que les parents reçoivent les plus grosses portions de viande ou de poisson, la réalité physiologique exige l’inverse lorsqu’on ramène les besoins au poids corporel. En pleine phase de développement, les enfants ont des besoins en protéines animales (œufs, viande) et végétales (niébé, légumineuses) proportionnellement plus élevés que ceux des adultes », a-t-elle expliqué.

« Si une famille n’arrive pas à manger équilibré, diversifié et varié, automatiquement, l’alimentation de l’enfant sera monotone. Donc les enfants peuvent être impactés par l’alimentation de leur famille. Il est donc vraiment important que les familles puissent savoir comment manger équilibré et pouvoir transmettre ça aux enfants. Car, priver un enfant de ces nutriments essentiels risque d’entraîner un ralentissement critique de sa croissance et de son développement », a précisé la nutritionniste lors d’un colloque sous-régional sur les enjeux liés aux mutations des modes de consommation et enjeux nutritionnels en Afrique de l’Ouest »

Pour Pr Kou’santa Amouzou, nous sommes ce que nous mangeons : »Nous tirons notre énergie des aliments dits énergétiques, riches en glucides et en lipides. Et nous grandissons grâce aux nutriments tirés des aliments dits de croissance, des aliments bâtisseurs (riches en protéines et en calcium), et enfin des aliments protecteurs, riches en vitamines et sels minéraux ».

Les spécialistes rappellent ainsi que, dès lors qu’un enfant partage le repas familial, il a droit, au même titre que les adultes, à un repas équilibré, varié et adapté à ses besoins énergétiques élevés.

Là-dessus, l’OMS recommande l’équilibre et la diversité : »privilégier une alimentation variée, riche en végétaux et en nutriments essentiels, et pour la réduction des risques, il faut limiter drastiquement les sucres libres, le sel, les graisses saturées et les acides gras trans). FIN

Ambroisine MEMEDE

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