
Une trentaine d’acteurs frontaliers ont entamé jeudi à Lomé un atelier visant à renforcer leurs connaissances sur le Protocole de la CEDEAO relatif à la libre circulation, les règles commerciales de l’espace communautaire, les procédures frontalières, les droits et devoirs des usagers ainsi que les mécanismes de lutte contre la corruption et les tracasseries administratives.
Prennent part à cet atelier de deux jours, des femmes commerçantes, des transporteurs, des transitaires, des agents aux frontières et des acteurs de changement.
La formation est organisée par le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), en partenariat avec la Commission de la CEDEAO, l’OIM (Organisation Internationale pour les migrations) et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) avec l’appui financier de l’Union européenne.
Cette initiative s’inscrit dans la promotion de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest à travers l’application effective du Protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et des biens.
Malgré l’existence de ce cadre juridique, plusieurs obstacles persistent dans les zones frontalières, notamment le manque d’information des usagers, la méconnaissance des textes communautaires et les tracasseries administratives.

Par ailleurs, le commerce transfrontalier informel – évalué à 22,8 millions de dollars – occupe une place importante dans les échanges régionaux, avec une forte implication des femmes commerçantes qui assurent environ 74% des opérations.
Des témoignages de travailleurs transfrontaliers et d’études académiques montrent que les commerçants, en particulier les femmes, sont souvent confrontés à des pratiques telles que le harcèlement, l’extorsion et des difficultés liées à l’absence de maîtrise des procédures et des droits commerciaux communautaires.
« Les frontières de notre espace communautaire ne devraient pas être des lieux d’obstacles, d’humiliation et d’incertitude. Elles devraient être des portes ouvertes sur l’intégration, la prospérité partagée et le bien-être des gens. Pourtant, nous le savons, vous le savez mieux que quiconque, la réalité vécue au quotidien aux postes frontaliers reste souvent éloignée de cet idéal. Les tracasseries administratives, les contrôles multiples, le harcèlement, l’extorsion et la méconnaissance des droits continuent de peser lourdement sur celles et ceux qui traversent les frontières », a souligné Mme Bayi Gina Adekambi, directrice exécutive du GF2D.
« Le GF2D, fidèle à sa mission de promotion et de protection des droits des femmes et de leur autonomisation économique, a toujours considéré que les femmes commerçantes transfrontalières sont des piliers silencieux de l’intégration régionale. Elle assure environ trois quarts des opérations dans les flux commerciaux informels, de l’espace CEDEAO. Elles nourrissent des familles, traversent des frontières, bravent des obstacles, souvent sans formation juridique, sans information sur leurs droits et sans protection institutionnelle suffisante. C’est précisément cette réalité que cet atelier entend changer », a-t-elle précisé.
Plusieurs modules seront développés au cours de cet atelier : « Présentation et validation du diagnostic rapide incluant l’identification et le profil des personnes migrantes-déplacées, l’analyse des besoins et l’analyse rapide genre », « Cadre juridique et droits liés à la libre circulation dans l’espace CEDEAO : règles commerciales et procédures douanières simplifiées, devoirs des citoyens et éthique aux frontières, lutte contre la corruption et les tracasseries frontalières, stratégies de changement ».

Kodjo Glédjé Koulekpoto 3ème adjoint au maire de la commune Golfe 2, ouvrant officiellement les travaux, a invité les participants à « des échanges ouverts et interactifs afin que les résultats de cet atelier contribuent durablement à un environnement commercial plus sûr et équitable pour tous ».
Rappelons que le Protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et des biens garantit aux citoyens des États membres la libre circulation sans visa pour des séjours de courte durée au sein de l’espace communautaire. Il leur reconnaît également le droit de résidence et le droit d’établissement, leur permettant de vivre et d’exercer des activités économiques dans tout État membre. FIN
Chrystelle MENSAH