
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a été officiellement et sans surprise intronisé dimanche candidat de son parti, l’APC, pour briguer sa propre succession lors du prochain scrutin présidentiel prévu en janvier 2027 dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Les primaires du Congrès des progressistes (APC) n’ont été qu’une formalité pour le chef de l’État élu en 2023, qui n’avait jamais caché son intention d’effectuer un second mandat, ainsi qu’en atteste le chiffre 8 (pour deux mandats de quatre ans) couché à l’horizontale qui orne tous ses couvre-chefs.
Le comité de l’APC en charge de superviser les primaires ont officialisé la victoire interne de M. Tinubu dimanche, à l’occasion d’une cérémonie d’investiture devant des membres et élus de l’APC au centre de conférence international Bola Ahmed Tinubu d’Abuja, la capitale politique du pays.
Le parti avait annoncé dès samedi soir la victoire du président sortant.
Dans son agbada bleue (tenue traditionnelle yoruba), le chef de l’Etat a promis de travailler à « consolider les réformes et œuvrer sans relâche pour la prospérité » du pays.
Face à lui se présentait un seul candidat, Stanley Osifo, homme d’affaires originaire du sud-ouest du pays (État d’Edo), inconnu du grand public, qui n’a néanmoins pas rechigné à débourser 100 millions de nairas (environ 63.000 euros) pour avoir le droit de se présenter aux primaires de l’APC.
M. Osifo a recueilli environ 16.500 voix sur les plus de 11 millions de votants.
Pour la présidentielle de 2027, M. Tinubu fait figure de grand favori face à une opposition éclatée et affaiblie : l’APC contrôle désormais 31 des 36 États du pays, contre 21 en 2023, suite à une vague de défections de gouverneurs de l’opposition s’étant ralliés au parti présidentiel.
Depuis son arrivée à la magistrature suprême, Bola Tinubu a mis en place une série de réformes économiques qui ont rassuré les investisseurs internationaux et relancé l’économie du pays aux plus de 230 millions d’habitants, selon le gouvernement et des analystes.
Mais elles ont aussi durement frappé le pouvoir d’achat des Nigérians, avec une inflation qui a dépassé les 30% pendant l’année 2024 et qui stagne autour de 15% depuis début 2026, des prix de l’essence qui ont quadruplé en quatre ans et une pauvreté qui s’est accrue à plus de 60% de la population, contre 56% en 2023, selon la Banque mondiale.
« Des défis subsistent, la plupart des Nigérians continuent de lutter », a reconnu M. Tinubu, affirmant qu’il s’agissait « d’un chemin fastidieux et difficile » pour « poser les fondations » d’un « meilleur avenir ».
Plusieurs partis de l’opposition tiendront leurs primaires dans les jours qui viennent pour désigner leurs propres candidats à la prochaine présidentielle.
Source : Afp