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Togo : À Lomé, les acteurs du coton africain sonnent la « mobilisation » pour une « action collective » face aux difficultés de la filière

« Dans la plupart des grands pays producteurs du coton en Afrique, les superficies emblavées ont reculé, les irrégularités problématiques ont affecté la productivité, les jassides malheureusement continuent d’exercer une forte pression sur nos cultures et l’accès aux entrants reste problématique pour nos producteurs », tableau dressé par Kassoum Koné, président de l’Association cotonnière africaine (ACA).

C’était à l’ouverture de la 22e édition des journées annuelles de ladite Association ouverte le mardi 5 mai 2026 à Lomé.

« Notre rencontre se tient dans un contexte particulièrement exigeant pour la filière cotonnière africaine. La campagne 2024-2025, soldée par une baisse globale d’environ 11,5% de la production en zone francophone, la campagne 2025-2026, nous sommes presque à terme, confirme cette tendance préoccupante », a-t-il précisé.

« Face à cette situation, deux chemins s’offrent à nous, le repli et la résignation ou la mobilisation et l’action collective. Évidemment, nous avons choisi sans hésiter le second », a ajouté M.Koné.

Ces journées annuelles de l’ACA, le plus grand rassemblement de la filière cotonnière africaine, permettront aux participants venus de divers horizons, de mener de solides réflexions.

Thème retenu pour les assises de Lomé : « Ensemble pour le renforcement de la productivité gage de la viabilité du coton africain face aux enjeux du marché international ».

Les travaux ont été ouverts par Tekize Madadozi, secrétaire général du ministère chargé de l’agriculture.

Selon ce dernier, cette rencontre de trois jours doit être un « espace de réflexion stratégique et un cadre concret de partenariat et d’opportunités d’affaires ».

« L’avenir du coton africain réside dans la création de la valeur ajoutée. Pour ce faire, il est important de renforcer les chaînes de valeurs de coton sur l’ensemble du continent, y compris grâce à l’investissement du secteur privé, afin que les agriculteurs et les petites entreprises puissent capter davantage de valeurs au niveau local », a-t-il précisé.

Un secteur à rude épreuve

Les coûts restent faibles tandis que la volatilité est particulièrement élevée, dans un contexte marqué par des stocks mondiaux de coton importants et une concurrence issue de productions fortement subventionnées.

Les sociétés cotonnières en subissent directement les conséquences : tensions sur les trésoreries, érosion des fonds propres et difficultés d’accès au crédit.

Les échanges permettront de mettre en lumière plusieurs axes clés : le renforcement de la qualité et de la traçabilité des produits, l’adaptation face aux impacts du changement climatique et l’optimisation des systèmes de production sur le continent.

Les participants à la rencontre de Lomé

« Les travaux de ces journées offriront un espace d’échange et de concertation, favorisant le partage d’expériences, la mise en commun des solutions et le renforcement des partenariats au service d’une filière cotonnière africaine plus compétitive, mieux intégrée et durable », a souligné Martin Drevon, directeur général de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT).

Les sociétés cotonnières africaines « s’inscrivent dans une chaîne de valeur mondiale où toute tension, où qu’elle survienne, se répercute jusqu’au dernier paysan de nos zones de production », a-t-il relevé.

Rappelons que l’ACA, créée en 2002, a pour mission de fédérer les acteurs de la filière coton pour promouvoir l’excellence et le développement durable du secteur en Afrique. FIN

Junior AUREL

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