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Résurrection du Christ : « Il faut croire, car c’est dans la foi que Jésus agit dans nos vies » (Père Hermann Houdji)

À l’occasion de la fête de Pâques, célébrant la résurrection du Christ, le père Hermann Houdji, vicaire à la paroisse Sainte Rita de Wuiti, revient sur le sens profond de cet événement central de la foi chrétienne. Dans une interview accordée à l’Agence Savoir News, le prêtre éclaire un mystère souvent difficile à saisir, tout en mettant en lumière son message d’espérance pour des fidèles en quête de repères dans un monde en constante mutation.

Savoir News : Quel est le sens profond de la fête de Pâques pour les chrétiens catholiques ?

Hermann Houdji : D’abord, nous devons savoir que la fête de Pâques, ou la résurrection du Christ, symbolise le passage, c’est-à-dire la victoire de la vie sur la mort. Donc, c’est un passage de la mort à la vie, offrant l’espérance de la vie éternelle et le pardon des péchés. Voilà, en substance, le sens de cette fête.

Dans cette résurrection se trouve le cœur de la foi chrétienne, qui prouve la divinité de Jésus. C’est une victoire sur la mort, un passage, une rédemption accomplie par sa Passion, sa mort et sa résurrection. Ainsi, Jésus libère l’humanité du péché. Voilà, en résumé, le sens profond de la fête de Pâques.

La résurrection du Christ est difficile à comprendre pour certains. Comment expliquer ce mystère à quelqu’un qui doute ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord dire que nous devons chercher à comprendre avant de suivre les enseignements. Même chez les catholiques, lorsqu’on leur pose la question, ils proclament à Pâques : « Le Christ est ressuscité! ».

Mais lorsqu’on demande comment prouver la résurrection du Christ, il faut reconnaître que, par l’intelligence seule, on ne peut pas la démontrer. Il n’existe pas de preuve rationnelle que le Christ est ressuscité. La résurrection ne relève pas du domaine de la raison.

Cependant, on peut s’appuyer sur certains éléments. Par exemple, on entend souvent parler de vols de corps dans les cimetières. Lorsqu’un corps est volé, il est emporté avec tout ce qu’il porte. Or, dans le cas du Christ, le linceul et les linges sont restés sur place. Cela montre que le corps n’a pas été simplement volé. Un autre élément concerne le témoignage. Chez les Israélites, la parole de la femme avait peu de valeur. Par exemple, lors de la multiplication des pains dans la Bible, on ne compte que les hommes et les enfants, pas les femmes.

Ainsi, logiquement, le témoignage de Marie Madeleine n’aurait pas dû être retenu. Pourtant, ce sont des femmes qui ont été les premiers témoins de la résurrection. Cela donne encore plus de force à leur témoignage.

Enfin, il y a la foi : « Nous ne l’avons pas vu, mais nous avons cru ». La résurrection ne peut pas être démontrée comme une équation mathématique. Aucun savant ne peut la prouver. La raison reste au service de la foi. Il faut croire, car c’est dans la foi que Jésus agit dans nos vies.

Quel rôle joue l’Église pour aider les fidèles à mieux comprendre et vivre le mystère de la résurrection aujourd’hui ?

D’abord, nous devons savoir que l’Église a trois rôles : enseigner, sanctifier et gouverner. Ces trois missions visent à annoncer l’Évangile.

Elles permettent aussi de mieux comprendre la résurrection du Christ. En suivant les enseignements de l’Église, nous sommes sanctifiés, guidés et conduits dans l’unité. Voilà, en résumé, le rôle de l’Église.

Dans un monde marqué par les crises et les souffrances, en quoi Pâques reste-t-elle un message d’espoir concret ?

Voir le Ressuscité, c’est le rencontrer, être proche de lui et passer du temps avec lui. Si tu célèbres Pâques, tu fais l’expérience de la joie d’avoir rencontré le Ressuscité.

C’est parce que tu as vu que tu as cru. Tu as expérimenté sa présence et tu sais désormais qu’il est là. Ta relation avec lui devient alors intime. Et quand on est en intimité avec le Christ, il y a toujours de l’espérance.

Tu es lié à lui non par des biens matériels, mais par une relation spirituelle que rien ne peut briser. Tu peux t’adresser à lui à tout moment, dialoguer avec lui en tout temps et en tout lieu.

Cette relation transforme aussi tes relations avec les autres. Nous sommes parfois durs les uns envers les autres, ce qui explique les critiques et les souffrances.

La question à se poser est donc : est-ce que je vois réellement le Christ ? Car lorsque nous le voyons, nous croyons, nous entrons en intimité avec lui et nous pouvons vivre en harmonie avec les autres.

Demandons au Seigneur la grâce de le voir dans nos vies, afin que les grâces de sa résurrection abondent en nous et nous transforment pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde. Courage et confiance. FIN

Propos recueillis par Bernadette AYIBE

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