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Interview exclusive de M. Chilé Mack Adodo, président du comité de pilotage du Projet CRM

samedi 17 juin 2017 à 19:03

Le projet CRM (Chargé de Suivi de la mise en œuvre des Droits de l’Enfant) initié depuis janvier 2015 a pour objectif de contribuer au renforcement des capacités de plusieurs acteurs impliqués dans la promotion et la protection des droits des enfants prendra fin dans 12 mois.

Pour faire le bilan des activités réalisées durant les deux années, la rédaction de Savoir News a approché le président du comité de pilotage, M. Chilé Mack Adodo pour un entretien, lors de son passage à Kpalimé (environ 120 km au nord de Lomé) dans le cadre d’un atelier de renforcement des capacités des membres du comité interministériel de rédaction des rapports de l’Etat sur les nouvelles directives d’élaboration des rapports aux comités des droits de l’enfant de l’UA et de l’ONU.

Au cours de cet entretien, le projet CRM a été défini, les grandes activités à l’agenda de ce projet au Togo ont été identifiées, les changements positif apportés par le projet en matière de respect des droits de l’enfant au Togo et les grands chantiers qui attendent le CRM durant les 12 mois à venir.

Savoir News : Bonjour Monsieur Adodo. Vous êtes le président du comité de pilotage du projet CRM. C’est quoi le projet CRM ?

Chilé Mack Adodo : Merci pour cette opportunité que vous me donnez de parler du projet CRM qui, en réalité en français signifie +Suivi des Droits de l’Enfant au Togo+ et en anglais +Child Rights Monitoring (CRM) +. C’est le sigle qui correspond à la définition en anglais.

Ceci dit, ce projet qui est mis en œuvre depuis janvier 2015, vise non seulement à renforcer les capacités des Organisations de la Société Civile (OSC) et des enfants membres des Conseils Consultatifs Régionaux, mais aussi à faire en sorte que la société civile des droits des enfants soit assez forte pour mener et réussir des actions de plaidoyer.

En effet, lorsque les Etats s’engagent après la ratification des outils internationaux de protection de l’enfant, telles que la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (CDE) — et ses trois protocoles facultatifs — et la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre de l’enfant (CADBE).

Lorsque les Etats ratifient ces traités, il leur revient de faire en sorte que le contenu de ces instruments soit mis en œuvre afin que les enfants jouissent pleinement et efficacement de leurs droits.

Le projet vise surtout à renforcer les capacités des OSC pour nous permettre de bien faire le suivi de la mise en œuvre des droits de l’enfant et également de connaître les stratégies qu’il faut pour réussir les actions de plaidoyer contenues ou visées par ce projet.

Je terminerai en disant que ce projet est mis en œuvre par FODDET (Forum des Organisations de Défense des Droits de l’Enfant au Togo) qui en assume la coordination et également le Réseau de Lutte contre la Traite des Enfants (RELUTTE), l’Association Peuple Culture et Développement ainsi que Plan International Togo. Ceci avec le financement de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI). C’est cette agence qui par le biais de Plan International Togo, a bien voulu financer ce projet.

Quelles sont les grandes activités à l’agenda de ce projet au Togo ?

A propos des grandes activités, je précise que nous avons tout d’abord tenu à renforcer les capacités des responsables communaux du Togo, parce que l’un des thèmes de plaidoyer de ce projet, est la budgétisation sensible aux droits de l’enfant. Donc il y a eu ensuite un travail avec les parlementaires, pour que ceux-ci interpellent le gouvernement lorsqu’il viendrait à présenter le projet de budget de l’Etat. Il faudrait aussi que ces parlementaires soient assez outillés pour rappeler au gouvernement que la ligne de protection des enfants n’est pas prise en compte.

Donc on a fait ce travail avec les parlementaires, avec les responsables des communes et leurs chargés de budget. Car pour nous, la budgétisation doit partir de la base. Donc il va de soi que les communes et les conseils de préfecture soient assez financièrement indépendants pour que les décisions soient prises à leur niveau. Par conséquent, il s’agit pour nous de les amener déjà à s’engager pour une budgétisation sensible aux droits de l’enfant.

La deuxième grande activité : nous avons renforcé les capacités des membres des OSC pour leur permettre de mieux suivre ou connaître la procédure de mise en œuvre des droits de l’enfant. Précisons que l’un des principes fondamentaux de la CDE et de la charte, c’est le droit à la participation des enfants. On ne peut pas dire que nous travaillons pour les enfants sans que ceux-ci ne soient eux-mêmes impliqués.

Aussi avons-nous pensé à cet effet au renforcement des capacités de ces enfants, afin de les amener à comprendre davantage leurs droits et qu’ils maîtrisent les Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication (NTIC) pour pouvoir travailler aussi bien sur les médias et parler au public à travers les médias.

Nous avons organisé aussi en faveur des responsables des quatre communes (Kara, Sotouboua, Kpalimé et Lomé), des ateliers de renforcement de leurs capacités, parce qu’il y a un travail qui a été fait déjà au bénéfice de ces communes. Donc avec ce projet, il sera question de faire en sorte que cet engagement pris déjà par ces quatre communes soit renforcé et maintenu.

Le projet a également permis de faire un atelier bilan pour voir véritablement ce que ces quatre communes ont fait. Et au cours de ces activités, on s’est rendu compte qu’elles sont décidées à faire en sorte que leurs budgets soient sensibles aux droits de l’enfant.

Il y a également le plaidoyer pour que notre pays le Togo élabore dans le délai, le rapport dû. En effet, lorsqu’un Etat ratifie un traité à des périodes échues, il est tenu d’élaborer et de déposer le rapport sur la mise en œuvre des droits de l’enfant sur son territoire. Il se trouve que très souvent, beaucoup sont en retard et aujourd’hui notre pays le Togo est en train de vouloir élaborer de façon combinée les 5ème et 6ème rapports sur la CDE.

Il y a donc ce plaidoyer qui nous a amené à former les membres de la commission interministérielle de rédaction des rapports de l’Etat sur les nouvelles directives d’élaboration de ces rapports pour les Nations unies. Nous avons lancé un chantier pour le plaidoyer, afin de convaincre le Togo à ratifier le 3ème protocole (protocole de la communication) et le protocole de la plainte. Par ce protocole, si notre pays l’accepte, il permettra à nos enfants et à leurs représentants de pouvoir saisir d’autres juridictions, lorsqu’ils estiment que les juridictions nationales ne leur ont pas rendu justice.

Après deux ans d’activités, qu’est-ce que le projet CRM a pu apporter en termes de changement positif en matière de respect des droits de l’enfant au Togo ?

Après deux ans d’activités, il faut avouer qu’en termes de changement positif, c’est l’engagement, l’engagement des mairies avec qui nous travaillons pour faire en sorte que les droits des enfants soient respectés au niveau des communes. Il y a aussi l’engagement pris par le parlement, qui a mis en place une commission qui doit œuvrer afin que les droits des enfants soient toujours respectés dans le pays.

Des OSC ont été aussi aguerries pour mieux mener les activités de suivi des droits de l’enfant. Ce projet a également permis aux OSC de mieux élaborer des stratégies pour réussir les actions de plaidoyer.

Au niveau des enfants, avouons-le, il y a un plus, qui a été apporté dans la connaissance des enfants en terme de maîtrise de leurs droits et de la manière dont ces enfants peuvent sensibiliser leurs parents, les communautés et d’autres enfants à faire en sorte que leurs droits soient respectés. Mais il faut aussi préciser que lorsque nous parlons de droits, nous devons aussi signaler que dans le cadre de ce projet, le droit à l’éducation que nous menons en faveur de ces enfants, demande qu’on leur explique ce qu’on attend d’eux.

Nous devons faire en sorte que, nos enfants ne soient pas des enfants indisciplinés, mais au contraire des enfants qui connaissent leurs droits. Ils ont le devoir de respecter leurs parents, les enseignants. Le projet vise à ce que les enfants qui en sont bénéficiaires, soient des bons citoyens dans tout son sens.

Quelles sont les grands chantiers qui attendent CRM durant les 12 mois qui lui restent ?

Les grands chantiers, c’est d’abord en termes de plaidoyer. Il faut que nous puissions continuer les actions de plaidoyer pour que le Togo dépose ses rapports avant le 1er septembre 2017. C’est le délai qui est donné à notre pays et nous devons œuvrer en accompagnant l’Etat pour que ce chantier aboutisse positivement. Nous allons également continuer par plaider pour que le pays revienne à de meilleurs sentiments en expliquant à nos dirigeants les raisons pour lesquelles ils doivent ratifier le 3ème protocole.

Ensuite, nous allons au-delà des quatre mairies précitées, étendre les actions à d’autres mairies. Pour nous, c’est de faire en sorte que d’autres mairies en dehors des quatre, s’engagent. Sur les 12 mois qui nous restent, nous allons continuer par mener ces actions et les enfants vont continuer par renforcer leurs capacités. Et nous espérons qu’en Juin 2018, tous les résultats attendus seront atteints.

Votre mot de fin

Mon mot de fin, c’est d’abord témoigner ma gratitude à vous les hommes de médias, parce que depuis, vous nous accompagnez et nous connaissons la force et le pouvoir des médias. Notre souhait est que nous continuons par bénéficier de cet accompagnement.

Ensuite je prie pour que tout le peuple togolais s’engage, afin que les droits des enfants soient respectés. Que ce ne soit pas seulement une affaire des ONG comme certains aiment à le dire, mais que ce soit une affaire de nous tous. Car lorsque les droits de l’enfant ne sont pas respectés, celui-ci risque de devenir un délinquant ou un brigand de demain. Et c’est à la société qu’il va s’en prendre.

Je suis convaincu que beaucoup de ces jeunes qui s’engagent au niveau des groupuscules armés, si leurs droits avaient été respectés en bonne et due forme, qu’on les a compris, écoutés, aimés, ils n’allaient pas prendre la peine de se faire enrôler.

Il faudrait enfin que tout le peuple togolais, tout le continent africain, tout le monde entier s’engage à faire en sorte que les droits de l’enfant soient une réalité sur notre planète. FIN

Propos recueillis par Bolassi ATCHINAKLE (Kpalimé)

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