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Crise au Togo : Le statu quo sur fond d’accusations, aucune date pour le dialogue (PAPIER D’ANGLE)

samedi 11 novembre 2017 à 23:47

Rien ne se dessine encore à l’horizon pour une sortie de crise au Togo, secoué depuis août par des manifestations de la coalition de l’opposition, ayant déjà fait 14 morts, selon des organisations de défense des droits de l’homme.

D’importants dégâts matériels ont été enregistrés à Sokodé et à Mango.

En début de semaine, le gouvernement avait pris des "mesures d’apaisement" et annoncé l’ouverte d’un "dialogue", mais aucune date n’a été pour le moment fixée pour la tenue des discussions.

Le regroupement de 14 partis politiques de l’opposition exige notamment le retour à la Constitution originelle de 1992, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote des togolais de l’étranger.

Ces partis exigent également la libération de toutes les personnes incarcérées dans le cadre des manifestations. Certains leaders de la coalition exigent aussi le départ du président Faure Gnassingbé.

Cette semaine, les partisans de cette coalition ont encore battu le pavé pendant trois jours (mardi, mercredi et jeudi) à Lomé et dans plusieurs villes du pays.

Selon des sources proches de ce regroupement, des manifestations sont encore prévues la semaine prochaine.

Les leaders de l’opposition ont à plusieurs reprises, pointé du doigt le gouvernement dans les violences enregistrées et dénoncé une "répression barbare" de leurs manifestations à l’intérieur du pays notamment à Sokodé, Bafilo et Mango.

Ils portent également le chapeau des victimes aux autorités togolaises, exigeant une "enquête internationale" pour "situer les responsabilités".

Réponse du berger à la bergère

"Vous savez, notre pays le Togo est actuellement perturbé par des manifestations, qui, loin d’être pacifiques comme l’autorise la loi, ont été souvent d’une très grande violence. Ceux et celles qui organisent ces manifestations portent la lourde responsabilité des victimes que les participants ont faites et des dégâts qu’ils ont causés", a répliqué vendredi, Faure Gnassingbé devant des militaires lors d’une visite au 3ème régiment d’infanterie du Camp Témédja (environ 180 au nord de Lomé), le 2è secteur militaire.

"Ce fut le cas de cet enfant tué à Mango et aussi à Sokodé. Ce fut également le cas de vos camarades frères d’armes, lynchés et décapités par un groupe d’individus organisés et préparés à cet effet", a-t-il poursuivi.

Le président de la République a une fois encore, rendu hommage à ces deux militaires lynchés à Sokodé, ainsi qu’à leurs familles.

"Ils sont allés avec courage au bout de leur engagement au service de la paix, que nous voulons tous pour notre pays. Leurs assassins sont activement recherchés. Et tout sera mis en œuvre pour les retrouver où qu’ils se trouvent, les juger et les châtier, conformément aux lois de notre République", a martelé Faure Gnassingbé, renouvelant sa « confiance totale" aux forces armées togolaises.

"Je sais pouvoir compter sur votre courage et votre sens de devoir pour relever tous les défis qui vous seront lancés et que, sans faiblesse, nous saurons ensemble répondre à toutes menaces ou actions terroristes, qui pourraient toucher notre nation", a-t-il conclu.

C’est la deuxième fois le président togolais se prononce sur la crise qui secoue fortement le pays, après son discours devant les militants de son parti (Union pour la République /UNIR) à l’ouverture de son congrès le 28 octobre à Tsévié.

"Déclarations incendiaires"

"Ce sont des déclarations incendiaires qui n’arrangent pas les choses, la situation étant très tendue. Il est vraiment temps d’annoncer la date de ce dialogue, pour une sortie définitive de cette crise", a commenté Alain Dandjigo, chef comptable dans une structure de micro-finances.

"L’activité économique tourne au ralenti depuis quelques semaines. Certaines grandes rencontres internationales annoncées dans le pays ont été annulées. Beaucoup d’investisseurs privés ont peur, au regard de la situation. Sincèrement, la situation n’arrange pas notre pays", ajoute M. Dandjigo, "très inquiet".

Selon des estimations faites au début des manifestations par des ministres du gouvernement, trois jours de marches font perdre environ 1,5 milliard de F.CFA à l’Etat togolais.

Mercredi, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a "salué l’opportunité des mesures d’apaisement" et "encouragé" les acteurs politiques à saisir l’ouverture affichée par le gouvernement pour un "dialogue sincère, fécond et fructueux".

Déjà mardi, la délégation de l’Union Européenne, de la Coordination du Système des Nations Unies, et des Ambassades d’Allemagne, de France, et des Etats-Unis d’Amérique au Togo, ont aussi accueilli "positivement" les mesures d’apaisement et exhorté "toutes les parties concernées à reprendre le dialogue pour sortir de la crise actuelle".

Les Etats-Unis, la France, la Francophonie, la Cédéao et l’Union africaine avaient déjà appelé le pouvoir et l’opposition au "dialogue". FIN

Junior AUREL

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