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Crise au Togo : "La main tendue de Faure Gnassingbé est une main armée, les arrestations continuent…. " (M. Atchadam)

jeudi 4 janvier 2018 à 18:39

Le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé a une fois encore affiché mercredi soir dans son message de vœux du nouvel An, sa volonté de dialoguer avec l’opposition pour une sortie de crise au Togo.

"La main tendue de Faure Gnassingbé est une main armée. Car les arrestations continuent, les violations des droits humains continuent. Jusqu’à présent, il y a encore 100 personnes détenues, arrêtées lors des manifestations pacifiques", a déclaré Tikpi Atchadam, président du Parti National Panafricain (PNP, opposition), interrogé sur BBC.

"Les mesures d’apaisement pour lesquelles le président Condé a travaillé, ne bougent pas. En ce début d’année, nous attendons que toutes les mesures d’apaisement soient réalisées, pour qu’on puisse aller discuter", a-t-il martelé.

Le président du PNP ne fait pas confiance à Faure Gnassingbé, car "les réformes dont il parle datent de 2006".

Mais il compte sur les présidents ghanéen et guinéen pour l’amorce des discussions.

"Nous avons confiance en eux, et savons qu’un jour, on pourra se retrouver autour d’une table, mais la balle est dans le camp du pouvoir qui ne veut pas bouger. Il parle du dialogue, mais il en a peur", a précisé M. Atchadam.

Pour le chef de l’Etat (dans son message de vœux télévisé), "le dialogue doit rester la voie privilégiée de résolution des désaccords entre les acteurs politiques".

"Par le passé, nous avons réussi à surmonter nombre de difficultés grâce à notre sens de responsabilité", a rappelé Faure Gnassingbé.

Précisons que le Togo est plongé dans une nouvelle crise depuis plus de quatre mois avec des manifestations à répétition de la coalition de l’opposition.

Au moins 14 personnes ont trouvé la mort, depuis le crise de cette crise. Parmi les victimes, deux militaires lynchés. Plusieurs édifices publics, ainsi que des maisons privées, appartenant notamment à des cadres du parti au pouvoir, ont été saccagés et incendiés.

Les 14 partis politiques de ce regroupement exigent notamment le retour à la Constitution originelle de 1992, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote des togolais de l’étranger.

La communauté internationale a appelé les protagonistes de la crise à des discussions, afin de trouver une solution durable à cette crise.

Pour l’instant, le dialogue annoncé depuis début novembre par le gouvernement, peine à démarrer.

Outre les mesures d’apaisement exigées par l’opposition, les deux parties sont à couteaux tirés sur la présence ou non d’un médiateur à ces discussions. FIN

Junior AUREL

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