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Crise au Togo : Des émissaires ghanéens à Lomé, d’intenses tractations pour l’amorce d’un "dialogue" (PAPIER D’ANGLE)

mardi 14 novembre 2017 à 23:22

Arrivés lundi à Lomé, des émissaires du président ghanéen Nana Akufo-Addo ont entamé ce mardi, des contacts avec les protagonistes de la crise togolaise, journée d’intenses tractations pour l’amorce du prochain "dialogue".

Cette "médiation" s’inscrit dans la droite ligne des échanges ces derniers jours entre le président ghanéen et son homologue togolais Faure Gnassingbé. M. Akufo-Addo s’était lui-même déjà rendu le 5 novembre dernier à Lomé où il s’est entretenu avec son homologue togolais.

Nana Akufo-Addo aurait été désigné par ses pairs de la sous-région pour mener cette médiation, afin de trouver une solution à cette crise qui secoue le pays depuis plus de deux mois.

Conduite par le ministre ghanéen de la sécurité Albert Kan-Dapaah, la mission ghanéenne a rencontré la délégation de la coalition de l’opposition, dirigée par Jean Pierre Fabre dans un grand hôtel de la capitale togolaise. Le chef de file de l’opposition, avait à ses côtés notamment Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, Me Dodji Apévon et Tchatikpi Ouro-Djikpa.

"Nous avons discuté sur la situation politique au Togo. Nous avons surtout parlé des préliminaires d’un dialogue. Nous avons essayé de voir, ce que peut être le cadre des discussions", a déclaré M. Fabre.

"Nous avons fait des propositions, la délégation ghanéenne va les présenter au pouvoir en place et on verra la suite", a-t-il ajouté.

Selon des sources proches de la coalition de l’opposition, la rencontre s’est déroulée dans une ambiance très détendue, M. Kan-Dapaah et sa délégation ayant suivi "de bout en bout" les leaders de l’opposition. Les émissaires ghanéens auraient également rencontré le président togolais tôt dans la matinée.

Un ‘petit pas’ franchi

A travers ces tractations visant à établir un dialogue entre les protagonistes de la crise togolaise, un "petit pas" est franchi, selon des certains observateurs de la scène politique togolaise.

"A l’allure où vont les choses, il fallait obligatoirement cette troisième voie pour établir ce dialogue entre les deux parties, car le pont est totalement rompu. Je peux affirmer qu’un petit pas est en train d’être franchi", a commenté un diplomate en poste à Lomé.

Le ministre togolais de la communication a également salué l’évolution de la situation. "L’opposition n’est pas opposée à ce dialogue. Je pense que le bon sens va l’emporter et très vite, les togolais vont se mettre autour de la table et dialoguer", a déclaré sur le plateau de France 24 Guy Lorenzo.

De son côté, la communauté internationale (notamment les Etats-Unis, la France, la Francophonie, la Cédéao et l’Union africaine) a appelé à plusieurs reprises, le pouvoir et l’opposition à se retrouver autour d’une table.

Ces différentes tractations, font suite aux "mesures d’apaisement" prises par le gouvernement et l’annonce d’un dialogue avec l’ensemble de la classe politique.

Mais pour l’instant, aucune date n’a encore été fixée pour la tenue des discussions.

Encore des "préalables"

Déjà dans les coulisses, la coalition pose de préalables, avant d’aller à la table discussions. Les 14 partis politiques de ce regroupement exigent la libération de toutes les personnes arrêtées dans le cadre des manifestations. Par ailleurs, ils n’entendent pas se retrouver dans un cadre de discussions "aussi large", comme le souhaite le gouvernement.

"Cette idée d’ouvrir le dialogue à l’ensemble de la classe politique nous gêne", a confié un leader de l’opposition, avant de lancer : "cette fois-ci, nous seront vigilants. Nous avons bien tiré leçon de nos dialogues précédents".

Le Togo est fortement secoué par une nouvelle crise depuis le 19 août, avec le déclenchement des manifestations de la coalition de l’opposition qui exige notamment le retour à la Constitution originelle de 1992, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote des togolais de l’étranger.

Les 14 partis politiques de ce regroupement exigent également la libération de toutes les personnes incarcérées dans le cadre des manifestations. Certains leaders de la coalition exigent aussi le départ du président Faure Gnassingbé.

Ces manifestations ont déjà fait 14 morts (dont deux militaires lynchés) et d’importants dégâts matériels surtout à Sokodé et à Mango (nord). L’opposition a maintes fois, pointé du doigt le pouvoir, d’être le chef d’orchestre.

Vendredi dernier, le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé a répliqué accusant, la coalition de l’opposition d’être à l’origine de ces violences. Le président de la République a une fois encore, rendu hommage aux deux militaires lynchés à Sokodé, ainsi qu’à leurs familles.

"Ils sont allés avec courage au bout de leur engagement au service de la paix, que nous voulons tous pour notre pays. Leurs assassins sont activement recherchés. Et tout sera mis en œuvre pour les retrouver où qu’ils se trouvent, les juger et les châtier, conformément aux lois de notre République", avait martelé Faure Gnassingbé, renouvelant sa "confiance totale" à l’armée. FIN

Junior AUREL

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