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Cote d’Ivoire : Situation calme en fin de journée vendredi, après les mutineries

samedi 13 mai 2017 à 01:59

La situation s’est normalisée en fin de journée vendredi en Côte d’Ivoire après 24 heures de tension et de mutineries de soldats qui ont tiré en l’air et occupé des axes, notamment autour du camp militaire Gallieni au centre d’Abidjan, alors que les autorités haussaient le ton.

"Tout militaire se livrant à des actes répréhensibles s’expose à des sanctions disciplinaires sévères telles que prévues par le règlement", a déclaré le général Touré Sekou, chef d’Etat-major des armés dans une allocution lors du journal télévisé du soir.

Dans l’après-midi, les forces loyalistes avaient notamment déployé un important dispositif avec des blindés légers et de nombreux hommes armés (Garde républicaine, police et gendarmerie) autour du vaste camp militaire Gallieni, occupés auparavant par les soldats mutins, dans la capitale économique ivoirienne.

Ce dispositif a été allégé en fin de journée, une fois la situation normalisée et la circulation rétablie autour du camp qui comprend notamment l’état-major des armées, et est situé dans le quartier du Plateau.

Plus tôt vendredi, ces mutins avaient tiré sporadiquement en l’air, bloquant les routes autour du camp, Kalachnikov à la main, et bonnets ou bandeaux de camouflage sur la tête. A Abidjan, ces tirs ont cessé peu avant le déploiement des forces loyalistes autour du camp. Les tirs ont également cessé dans le reste du pays vendredi en fin d’après-midi.

Anciens rebelles intégrés dans l’armée, les mutins réclament le paiement de restes de primes que leur avait promis le gouvernement après les mutineries de début janvier qui avaient ébranlé le pays.

Les mutins avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18.000 euros) et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros). On leur avait promis de payer les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Les soldats mutins sont des anciens rebelles qui avaient aidé Alassane Ouattara à prendre le pouvoir après la crise post-électorale de 2010-2011 lorsque le président Laurent Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite électorale.

- ’L’argent ou la mort’ -

Le ton ferme du chef d’Etat-major contrastait avec l’attitude conciliante du président Ouattara jeudi soir lors d’une cérémonie au Palais présidentiel en présence de quelques soldats mutins qui avaient alors annoncé renoncé à leurs revendications financières obtenues après le mouvement de grogne de septembre qui avait ébranlé le pays.

Cette cérémonie, organisée sans la présence de la presse et diffusée en différé après montage, se voulait visiblement un point final à la protestation de l’ensemble des forces de sécurité, alors que ce pays d’Afrique de l’Ouest est durement touché par l’effondrement des cours du cacao, vital pour son économie et dont il est le premier producteur mondial.

Mais cette cérémonie a finalement déclenché un nouveau mouvement de grogne.

Ainsi dans la nuit de jeudi à vendredi et dans la matinée et le début d’après-midi de vendredi, des mutins ont tiré en l’air dans et parfois hors de casernes pour manifester leur mécontentement dans plusieurs villes du pays dont Abidjan. "Notre réponse à l’annonce d’hier, c’est ça", a expliqué dans la matinée un mutin sous couvert d’anonymat. "L’argent ou la mort", a lancé un autre.

A Abidjan, des journalistes de l’AFP ont vu un des mutins exhibant fièrement un lance-roquette, un autre portant une mitrailleuse avec une impressionnante ceinture de balles sur l’épaule, rappelant le célèbre film "Rambo".

A Akouedo, à l’est d’Abidjan, les militaires avaient également tiré en l’air.

Les mutins avaient aussi investi le centre de Bouaké, deuxième ville du pays et épicentre de la mutinerie de janvier. La plupart des commerces, écoles et l’université et même un commissariat et la préfecture de police ont été fermés, selon plusieurs témoins et un journaliste de l’AFP. La situation était semblable à Korhogo et Odienné (nord) ou Man (Ouest).

Début janvier, la mutinerie avait paralysé plusieurs villes, notamment Abidjan.

Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro.

Le président Ouattara avait rappelé jeudi que la "stabilité de la Côte d’Ivoire a été mise à mal" et les événements avaient "effrayé les Ivoiriens, ceux qui veulent investir et visiter le pays".

SOURCE : AFP

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